Les Pilliers de Langegard

« À travers l’histoire de l’Homme, aucune instance religieuse n’a su se montrer aussi influente et puissante que l’Église Bradorienne. Notre influence va au-delà de Langegard, s’étendant à travers la Marche Exilée et même à l’intérieur du Vigmark. »

– Sigmund Percile, Pontife du Clergé de Brador et Chef de l’État Langegardois

— Introduction à Langegard —

Dernier pilier de la foi Bradorienne à travers les nations de l’Ordre d’Élode, la ferveur religieuse de Langegard n’a d’égale que la splendeur de ses architectures. Possédant la plus grande puissance  militaire humaine depuis la chute de l’Empire Mévosien, Langegard représente également l’un des pivots défensifs du continent. Dirigé et administré par le Clergé de Brador, son peuple est rempli de convictions envers les enseignements de son Église. Il s’agit là d’un peuple affirmé qui éprouve une grande assurance générale et qui porte beaucoup d’importance aux apparences.

Qu’est-ce qu’il est

  • Un peuple pieux dont la culture et les moeurs sont intimement reliés à l’Église Bradorienne et les nombreux ordres religieux s’y rattachant.
  • Une région où politique et religion ne représentent qu’une seule entité et où vouloir s’en défaire attire à la fois malheur et désarroi.
  • Une nation haute en couleurs, qui n’a pas peur d’afficher ses opinions face aux autres nations, pouvant parfois faire preuve d’arrogance envers ces dernières.

Qu’est-ce qu’il n’est pas

  • Un peuple composé uniquement de chevaliers ou de paladins sauvant la veuve et l’orphelin.
  • Les Langegardois sont sous la lumière de Brador et descendent tous d’une même congrégation religieuse. Malgré ce fait, ils peuvent tout de même avoir des querelles internes.
  • Bien qu’il y ait des extrémistes religieux au sein de Langegard, plusieurs ordres s’opposent ouvertement à eux et à leurs pratiques.

 

— Histoire —

L’Ancien Empire Mévosien

Autrefois, Langegard représentait l’avant-garde côtière de Mévose, le territoire ayant été colonisé il y a près de 400 ans par cet ancien pays. À l’origine vassaux de l’Empereur Saint, quelques représentants politiques envoyés à l’Ouest prirent rapidement goût à une indépendance possible vis à vis l’empire. Il est à noter que Langegard n’était à cette époque qu’une simple province de Mévose. Après plusieurs années, les représentants influents Langegardois débutèrent le mouvement d’indépendance de leur nouvelle nation. Ils avaient développé une vision différente de l’administration de l’état et du rôle du Clergé Bradorien en son sein et ils avaient accumulé beaucoup de partisans. En dépit des conflits qui en  résultèrent, aucune guerre ouverte ne se déclara entre les deux territoires. Après des mois de négociations, Langegard accéda enfin à son indépendance. Le nouveau pays garda toutefois une grande proximité avec Mévose et les deux nations restèrent de très bons alliés.

L’Année Sombre

Comme toutes les autres nations d’Élode, Langegard fut grandement affectée par l’Année Sombre. Non seulement son principal allié politique, Mévose, fut complètement anéanti par les cataclysmes, mais près de la moitié de la population de Langegard  fut décimée par la famine et la maladie. Langegard accueillit un grand nombre de réfugiés en provenance de l’Empire Mévosien, la plupart étant des nobles et anciens seigneurs de la région. Les créatures et engeances assiégeants perpétuellement les frontières de Langegard pendant cette époque ont également détruit beaucoup des anciennes frontières de cette contrée.

La Guerre de l’Exil

À la suite de l’Année Sombre, Langegard était l’une des principales nations à convoiter les territoires encore habitables à l’est de l’empire. Elle souhaitait annexer les quelques milliers de survivants s’étant installés à l’intérieur de ce qu’on appelait à l’époque le Chemin de l’Exil. Elle guerroya pendant plusieurs années contre les Vigmars et les habitants du Chemin. La Guerre de l’Exil dura ainsi pendant trois ans et se solda par la formation de la Marche Exilée. Quelques années plus tard, l’Ordre d’Élode vit le jour afin de contrer la menace provenant des Vents de Brume.

 

— Vêtements et Apparats —

La fierté langegardoise ne se fait pas seulement valoir dans ses principes religieux ou dans son architecture mais aussi dans l’apparat qu’arborent les fidèles bradoriens. La clémence du climat dans la plupart des piliers de Langegard fait en sorte que l’habillement tend à être pratique et léger et toujours approprié à la tâche dont ils ont la responsabilité. En outre, les armureries de Langegard débordent d’acier, et il commun pour n’importe quel détachement langegardois, aussi humble soit-il, d’être plus qu’adéquatement protégé. Les fidèles langegardois sont toutefois très rigoureux sur la prérogative de chacune des classes sociales concernant son habillement. Il leur apparaît naturel que le statut social soit clairement établi au premier coup d’oeil et que la distinction soit aisée pour tous. Cela permet d’éviter les faux-pas et de stimuler la fierté du rôle de chacun dans la théocratie.

La roture
Les artisans et la paysannerie, par exemple, portent des vêtements simples, le plus souvent de lin ou de lainage aux couleurs variées, à la coupe pratique pour le travail manuel. Les
souliers ou les bottes de cuir sont communes, les couvre-chefs assortis selon le niveau d’exposition au soleil ou autres risques. Les multiples ceintures sont monnaie courante, car chaque type de travailleur ou d’artisan tendra à garder sur lui une preuve de son occupation. En effet, partout dans les piliers, on verra par exemple un forgeron qui garde sur lui son marteau ou un fer à cheval, un cordonnier aura une série d’aiguilles en ordre décroissant de taille accrochées à une sangle de cuir, un pâtissier, une amulette au bout de laquelle pend un petit sac de cuir rempli de farine autour du cou. En outre, il est rare que quelqu’un ne porte pas visiblement sur sa personne un symbole de Brador ou de tout autre saint. Les marchands seront habillés un peu de la même façon, les ceintures multiples toujours en valeur, portant sur eux des objets relatifs à leur commerce ou aux régions dans lesquelles ils ont voyagé. Ils tendent toutefois clairement à porter davantage d’objets de la région de laquelle ils proviennent lorsqu’ils sont ailleurs que chez eux. Bien qu’ils soient les mieux aptes parmi la roture à démontrer la richesse que leurs talents leur a permis d’accumuler, ils se retiennent toutefois de faire démonstration ostentatoire de leur prospérité personnelle. L’Église tient à l’oeil quiconque serait infatué de sa propre fortune. Son commerce pourrait attirer l’attention des percepteurs d’impôts du comté qui ne se gêneront pas pour faire valoir la vertu du partage des bourses restées trop longtemps avares. Les militaires porteront les couleurs de Saint-Brévall ou du Saint-Ordre auquel ils sont
associés. À cela s’ajoutent les typiques croix religieuses, les armes officielles appropriées à l’affectation, ainsi qu’une série de ceintures, sangles ou ceinturons sur lesquelles ces armes
sont portées, en plus d’une foule d’objets pratiques et utiles sur le champ de bataille. C’est sur ces sangles que seront accrochées les sacs requis au voyage des troupes. Leurs
vêtements sont autrement simples, épais, et de couleurs assez mattes vu leur propension au salissage constant. Les mystiques seront couverts de vêtements associés à leurs affectations militaires, gouvernementales ou artisanes du moment, et souvent avec des symboles ou des objets référant à l’école où ils ont parfait leur éducation. Leurs multiples ceintures et sacs leur permettent de porter les différents réactifs requis pour l’exécution des arts mystiques, leurs parchemins, leurs matériel de calligraphie et parfois-même leurs catalyseurs. Le type de matériaux et la qualité du vêtement dépendra largement de l’individu, de sa station et de ses réussites en tant que mystique.
Le clergé

Les membres du clergé se distinguent par des vêtements généralement plus amples, comme des toges, des soutanes ou des robes, mais cela peut varier selon les affectations. On les remarque toujours par les symboles des Saint-Ordres qu’ils portent sur des étoffes colorées, bien mises en évidence. Ils sont également affublés de croix bénies et porteurs de symboles de statut, tels des livres de prières, des sceptres religieux ou autres objets de signification spirituelle.

La somptuosité de l’apparat du clergé est probablement le plus variable d’entre tous les fidèles langegardois. Les Vicaires et les Cardinaux sont recouverts de joyaux, de pierres précieuses et de vêtements de soie et de velours. Les prêtres réguliers dans les communautés auront pour eux d’épaisses toges de cotton immaculées aux broderies dorées. Ceintrées par de multiples cordons épais tressés et de sangles colorées permettant le port de multiples symboles religieux et d’outils d’affectation religieuse, ces vêtements d’excellente facture permettent un mouvement libre et une univocité dans la perception du statut social.

Il convient de souligner que la facture et la somptuosité des vêtements des membres du clergé d’un niveau similaire peut varier énormément selon la richesse et la piété de la communauté à laquelle il est affecté.

En opposition à l’abondance de la sédentarité, un missionnaire dans le Vigmark, devra s’habiller en fonction des dangers et des aléas du climat local, et pourrait être considéré comme méconnaissable par le langegardois typique, si ce n’était de ses multiples et flagrants symboles religieux. Un frère pèlerin sur les routes de la théocratie est par sa part, souvent à peine habillé de vêtements de lin, souvent usé par les années de route et de lavage dans les rivières. La mode des multiples ceintures ne se perd jamais, toujours considérée comme à propos et utile pour des fidèles que le devoir lance devant l’imprévu et force aux tâches ingrates constamment.

La noblesse

Habituée aux plus beaux vêtements depuis les jours des Premières Familles, la noblesse ne recule devant rien pour faire valoir son identité et ses origines. Elle se procure des vêtements dont les couleurs marient celles de ses héraldiques, en plus de mettre ces symboles en évidence lorsque possible. Les croix bradoriennes sont aussi de circonstance, idéalement dans des matériaux remarquables, bien que la plupart d’entre elles soient des héritages familiaux. À leurs hanches et en bandoulière, de multiples ceintures permettent de démontrer plus d’accessoires d’exquise facture, en plus de servir à ranger les armes qu’ils portent systématiquement, symbole de leur devoir de protection envers le peuple langegardois. Leurs chemises et leurs pantalons sont confortablement amples, sauf aux poignets et aux mollets, où le tout se serre, par souci esthétique et pratique. Les jabots et la dentelle ne se démodent pas, et la bourse ambitieuse de la noblesse fait la joie de tous les chapeliers de la théocratie.

— Moeurs et coutumes —

Quoi qu’ils entreprennent, les gens de Langegard le font toujours en grand. Ainsi, les fêtes, tournois, messes et spectacles se font plus souvent qu’autrement de façon grandiose, voir démesurée à l’honneur de la lumière de Brador. Bien qu’ils ne fassent jamais rien sans le consentement de l`’Église lorsqu’ils organisent quelque chose, ces derniers possèdent une vision artistique surprenante et un sens du spectacle. L’excellence et le raffinement sont des valeurs très répandues à l’intérieur de Langegard. Par le fait même, plusieurs académies régies par l’Église Bradorienne ont vu le jour depuis quelques décennies. On y enseigne plusieurs arts et sciences, ceux-ci restant toutefois très régulés par le clergé.

Traditions des noms et des noms de famille

Les langegardois ont une longue tradition quant à la façon de nommer leurs enfants et en tirent une grande fierté. Ces coutumes remontent à l’époque mévosienne et furent progressivement adaptées avec le passage du temps et les événements historiques, tels que la fondation de Langegard, la déclaration de son indépendance, ou au moment de la Chute, lorsque le pays accueilli des vagues de familles nobles mévosiennes derrière ses murailles.

Prénoms

Les prénoms sont pour la plupart séparés entre deux modes. La première étant l’usage des tradionnels anciens noms mévosiens (ex: Amédée, Geoffroy, Euclide, Félisbert, Rubertin, Ymogène; Adécine, Amalgarde, Bérengère, Ophélénie Vivaldine, Zélise). La seconde étant l’usage de vertus et qualités en guise de nom (ex: Modeste, Auguste, Loyal, Candide; Audace, Espérance, Patience, Tempérance). L’une comme l’autre sont bien vues, bien que les enfants donnés à l’église portent plus souvent des noms vertueux, ou finissent par se refaire rebaptiser pour obtenir un tel nom.

Noms de famille

La décision et l’usage des noms de famille à Langegard comportent certaines complexités surtout en fonction de la classe sociale. La connaissance de la lignée mévosienne d’une famille a une importance capitale dans les choix posés par les familles langegardoises, dans la noblesse comme dans la roture.

Roture et bourgeoisie

Les enfants de la roture porteront le nom le plus prestigieux des deux parents. Si l’un d’entre eux est capable de retracer ses ancêtres mévosiens, cela a souvent prépondérance. Autrement, l’enfant portera le nom du parent qui exerce l’occupation ou le métier le plus prestigieux dans la famille. On le nommera ainsi « fils de » ou « fille de », suivi du prénom du parent, selon le cas. Lorsqu’un individu sort de son Pilier, il tendra plutôt à utiliser son Pilier comme nom de famille de provenance. Il s’agit d’un point de tradition et de fierté qui s’est développé suite à l’exode massif des mévosiens vers Langegard, pour renforcer l’identité locale.

Clergé

En guise de démonstration à leur dévotion aux Piliers de Langegard, les membres du clergé portent des toujours des noms de famille de Pilier, à la seule exception de ceux qui ont un ancien nom mévosien prestigieux. Bien que cela puisse sembler contradictoire, la notion de renier le souvenir des noms des anciennes familles qui furent récompensées par Brador lui-même pour leur foi et leur soutien exceptionnel paraît fort arrogante et irrespectueuse au peuple langegardois.

Noblesse

Les enfants de la noblesse porteront toujours le nom le plus prestigieux de celui des deux parents. Certaines familles feront le choix de conserver leur ancien nom mévosien malgré tout pour jouir du prestige provenant d’une grande lignée. Les noms seront liés à des territoires mévosiens anciens (pour la vaste plupart perdus durant la Chute) ou des comtés Langegardois, ainsi que leurs capitales, ou la localisation de la maisonnée familiale (ou le nom de la maisonnée elle-même si elle en a un).

Fêtes et traditions

Les Langegardois organisent plusieurs fêtes religieuses de grande importance pendant l’année. Les différents ordres religieux financent et préparent les fêtes qui leurs sont associées. Le succès de ces nombreux tournois et spectacles servent à démontrer la dévotion que ces ordres ont envers la lumière de Brador. C’est lors de tels événements qu’on inaugure de nouvelles sculptures à l’effigie des personnages incarnant le mieux la majesté de la Foi Bradorienne. Il est en effet très rare qu’on ne remarque pas une quelconque influence de l’Église Bradorienne dans les événements mondains des castes sociales plus puissantes.

Façon de fêter

Il n’y qu’une seule façon de fêter à Langegard: ensemble, et en grande! Toutes les célébrations sont religieuses ou d’inspiration religieuse, certaines revêtant un caractère plus officiel que d’autres. Elles ont toutefois ce point en commun qu’elles se font toutes en public: les fidèles bradoriens profitent de ces journées où le dur labeur habituel attendu est remplacé par les clameurs à la gloire du Juste et de ses archons,. Il est du devoir de chaque langegardois de participer visiblement à ces festivités, prouvant ainsi sa foi et sa droiture, tant et si bien qu’on ira jusqu’à dire que ceux qui n’y sont sont visiblement pas n’ont pas la concience tranquille. Comme chaque festivité dure plusieurs jours et qu’elle sert d’occasion à revoir famille et amis, il s’agit des seules occasions où le déplacement se fait sans permission particulière dans toute la nation. Processions, chants, musique et danse sont toujours au rendez-vous, les décorations, victuailles et boissons fournies autant par les efforts de la communauté que par l’apport de la Théocratie.

La Grande Semaine

La Grande Semaine est l’évènement spirituel de l’année, celui qui fait se mouvoir les gens de tous les piliers dans les centres névralgiques spirituels les plus importants du pays. Ceux qui ont la possibilité de se déplacer dans la plus grande cathédrale possible le font, alors que les autres auront pour destination des églises désignées certes moins remarquables, mais malgré tout importantes pour leur communauté. L’évènement marque l’arrivée imminente de la première récolte et l’arrivée du pic de la saison chaude. D’une durée de 10 jours, elle est l’occasion rassembleuse pour les familles éloignées de se revoir, pour les partenaires d’affaires de se rencontrer en plus grand nombre (bien que le commerce ne soit pas encouragé durant un évènement de nature si spirituelle), et pour les membres du clergé de voir et d’échanger avec des visages différents de ceux de leurs communautés habituelles, renforçant la foi à travers les messes mais aussi les débats. La noblesse en profite bien sûr pour démontrer sa foi devant le plus grand nombre et renouvelle la promesse de son devoir en professant mieux pour l’année à venir. Bien que les 10 jours soient parmemés de messes et de processions religieuses plus mineures, le coeur de la célébration est la Grande Messe, une cérémonie qui commence à l’aube du 7è jour et qui dure, sans arrêt, jusqu’à l’aube du jour suivant. Seuls les plus pieux parviennent à y assister entièrement, et on ne s’attends certes pas à ce que tous maintiennent un tel standard, particulièrement les plus jeunes et aînés. La plus glorieuse de ces cérémonies est tenue à Égionde, présidée par le Pontife lui-même, qui parvient encore, malgré son âge, à illuminer les foules de sa foi durant un jour entier sans vaciller. En-dehors des nombreuses cérémonies et autres activités de naturelle spirituelle qui marquent chaque journée, les langegardois profitent de ces temps libre pour festoyer ardemment, célébrant leurs liens, le Pardon et la liberté spirituelle devant la Brume que leur accorde une vie sous l’Oeil du Juste.

Les festivités saisonnières et annuelles

L’été de Saint-Angecourt

Chaque année, quelques semaines après que la température d’été ait commencé à céder sa place à la fraîcheur de l’automne, l’été de Saint-Angecourt, dont la durée de quelques jours varie chaque fois, impose inopinément une chaleur écrasante aux Langegardois, signe qu’ils n’en ont que pour quelques jours encore avant que ne s’installe réellement le froid automnal qui suit invariablement le divin évènement. C’est un signe pour les cultivateurs de réagir conséquemment, et pour la population en général de profiter de quelques instants de canicule avant l’été prochain. La martyre est célébrée dans une messe dédiée, et le moment des festivités fortement variera selon les circonstances de chaque communauté: certains travaux ne pourront être faits que de jour et les célébrations se feront de soir, ou inversement pour d’autres. À l’honneur, la baignade et les jeux d’eau, beaucoup d’alcool et des jeux -parfois dangereux- impliquant des flammes vives.

Le pic du gel

Soulignant les 3 nuits les plus longues de l’année, ces célébrations sont beaucoup plus sobres que les autres célébrations annuelles. Elle se déroulent entièrement à l’intérieur, dans le confort des foyers bradoriens. Plusieurs familles se rassembleront dans les chaumières les plus spacieuses, et la plus grande quantité possible de flammes vives seront allumées durant ces 3 jours entiers durant lesquels les gens prendront des tours à se reposer. Les célébrations se font sous forme de prières qui doivent être prononcées à chaque heure. Entre ces moments de prières, les habitants boiront et mangeront, discuteront, raconteront des histoires, joueront à des jeux de hasard et s’adonneront à toutes sortes d’activités sociales dans le confort social d’une chaleur communautaire, sans jamais sortir ou ouvrir la porte vers l’extérieur, louangeant ainsi la Lumière et chassant le froid, la noirceur et la Brume à l’extérieur.

L’an nouveau

Suivant de peu le Pic du Gel, l’an nouveau représente le courage de la communauté de faire face à la nouveauté, à l’inconnu, au changement, ensemble. C’est une façon de se rappeler, dans la bonne humeur festive, qu’ensemble, une communauté passe à travers tout et se mérite le Pardon seul dans l’unité. Une Messe du Pardon spéciale est tenue pour que la communauté (ou des pans de la communauté lorsque celle-ci est trop vaste) s’exprime sur ses erreurs en tant que communauté et ses idéaux à tenir pour l’année à venir. Une fois cela fait, pour sceller le tout, on s’adonne à des festivités où on se permet d’accéder à des réserves spéciales de vivres conservés pour l’hiver pour cuisiner des repas plus fastes et chaleureux.

La Sainte-Conversion

Lorsque s’efface doucement l’hiver devant le retour de la lumière et de la chaleur, les Langegardois se rassemblent pour se rappeler le passé peu glorieux de leurs ancêtres cyclaires, qui se pliaient devant la Brume et ses immondices, et comment Brador le Juste, animé d’une passion pour la Lumière,guida les siens. Par son exemple, ceux qui deviendraient des bradoriens ont pris sur eux, en tant que gens soucieux du destin de leurs familles et de leur race, d’obtenir le Pardon, et de s’affranchir autant de la Brume que du traitement que leur réservait les autres peuples. C’est cette transition, la Sainte-Conversion, qui est soulignée à la fin de l’hiver. Ces quelques jours sont des jours festivités religieuses sobres, une suite de prières, de processions et d’ablutions dans le calme et l’humilité. Ces réflexions permettent à chacun de se rappeler le privilège qu’il a d’être bradorien, et le devoir qu’il a d’obtenir son Pardon. C’est dans un état de clarté d’esprit spirituel que peuvent se remettre au dur labeur saisonnier les pieuses âmes de la Théocratie.

L’annuelle de la cathédrale

Chaque communauté, fut-elle rurale ou citadine, possède une preuve architecturale de sa dévotion et de sa foi envers le projet du Pardon. Il est de coutume de célébrer l’anniversaire de la construction d’un tel bâtiment dans la communauté locale. Il va sans dire que ces célébrations sont d’importance variable, selon la localisation et la richesse de la population locale. Le saint patron à qui le bâtiment est dévoué sera mis à l’honneur, et la journée en sera une de prière et de piété où on se rappellera les efforts et les sacrifices requis pour l’édification du bâtiment et de la communauté qui l’entoure. Le soir venu, toutefois, la communauté se rassemblera plus informellement pour concrétiser la réussite de leur communauté, buvant et chantant à la mémoire de ses membres, vivants ou non.

La célébration quotidienne: la Messe du Pardon

La Messe du Pardon est la base du rituel religieux bradorien. Les pieux se rassemblent, une fois par jour, au moment du coucher du soleil, en communauté, et prient ensemble, dans la parole, les psaumes et le chant, se rappelant leurs vices, leurs vertus et les exemples des guides du passé qui leur ont montré la voie vers le Pardon.

La messe est une concrétisation du principe du Pardon bradorien: l’être humain est investi du vice, la Brume dans chaque être, et le bradorien pieux doit faire preuve d’assiduité régulière dans la reconnaissance de ses fautes et de son imperfection. C’est sa communauté et les gens qui l’entourent qui peuvent l’aider à surmonter les épreuves spirituelles auxquelles il fait face chaque jour. Chaque individu est responsable des autres plus qu’il n’est responsable de lui-même. Les bradoriens ne méritent le Pardon et l’accès au Sanctuaire de la Lumière que s’ils se sont assurés du Pardon d’autrui, et qu’autrui se soit assuré du Pardon de soi. Cette forme d’expiation de la Brume par la constante recherche de la vertu, dans un rituel religieux quotidien, représente le pilier central de l’unité spirituelle bradorienne de Langegard.

 

Vision de la Brume

Nous naissons tous viciés. Nous portons tous en nous une racine du Mal, de la corruption amenée par la Brume et ses immondices. La nature humaine est intrinsèquement imparfaite, teintée par les Ténèbres et le vice, nous poussant vers les pires aberrations.  – Extrait du sermon du Devoir du Pardon

Pour Langegard et son pieux peuple bradorien, la Brume est un combat de tous les instants. En effet, les prêtres bradoriens enseignent depuis toujours que la Brume habite chaque individu et que celle-ci se manifeste sous forme d’imperfections de l’âme, que l’on appelle des vices. La fourberie, l’égoïsme, la lâcheté, la naïveté et tous ces défauts qui mènent tous et chacun à faire de mauvaises décisions sont l’œuvre passive de la Brume qui coule dans les veines de tous dès la naissance. Comme ces pulsions vicieuses sont néfastes aux individus mais éventuellement à la communauté en entier et à son élévation spirituelle, il convient de se purger du Mal à travers le Pardon. C’est à travers l’unité dans la Foi que la Brume peut être dissipée et vaincue.

Le peuple langegardois a une vision intransigeante de la Brume et la maintient à distance par deux techniques ancestrales qu’elle a perfectionné par des siècles d’opiniâtreté.

La Foi

Le Pardon se vit de multiples façons, mais surtout de façon constante. Les messes du Pardon servent à se confesser des mauvaises actions et mauvaises pensées qui taraudent l’âme, par exemple. La confession individuelle mène à la pénitence que chacun doit endurer, mais c’est à travers l’action qu’on démontre que l’on devient une meilleure, et donc une plus pieuse personne. Il n’est nulle meilleure façon de démontrer son Pardon qu’à travers la vertu démontrée à sa communauté. Que ça soit à travers leur vaillance, leur courage, leur générosité, leur ingéniosité et leur créativité au service d’autrui, les bradoriens de Langegard démontrent qu’ils deviennent de meilleurs individus en faisant le plus possible pour s’écarter des pulsions négatives ordonnées par la Brume, et d’oeuvrer dans l’intérêt des frères et soeurs de leurs communautés entières, mais surtout dans celui de la communauté des communautés, l’Église Langegardoise.

Ainsi, le pays est abondamment parsemé de chapelles, d’églises, de cathédrales et d’autres saints monuments, reliés par un inextricable réseau de routes de pèlerinages, tous des preuves de l’ardent acharnement d’un peuple qui cherche le Pardon à travers la sueur et le sang.

La plus grande preuve du succès de cette divine entreprise est la rareté manifeste de la Brume à travers la nation, mis à part dans ses coins les plus isolés et les plus reculés.

La distance

Les langegardois ne tendent pas à vouloir s’associer avec la Brume d’aucune façon, dans aucune mesure, sous aucune circonstance. Lorsque des bancs de Brume font leur apparition, ils préfèrent s’en garder loin, et ne pas risquer leurs âmes (et celles de leurs communautés) par la proximité au Mal lui-même. L’approcher volontairement leur semble contre-intuitif au mieux, et au pire, spirituellement suspect. La Brume est si imprévisible, si tenace et envahissante et si fourbe qu’il ne vaut pas le risque de l’accoster, encore moins volontairement. Le travail de la vie des bradoriens est de lutter contre la Brume et de s’en affranchir par le Pardon. Ce n’est certes pas en la côtoyant naïvement que l’avancement du divin projet de Brador se complétera.

Lorsque des fidèles de Langegard sont forcés de confronter la Brume et ses immondices, ils le font toujours avec circonspection, dans la plus grande des méfiances, refusant toute association avec elle, la combattant avec la plus grande ferveur religieuse dans l’espoir de vaincre, mais surtout de conserver l’intégrité de leurs âmes.

Le Sacrifice du Juste

Malgré l’attitude particulièrement prudente du peuple langegardois, fortement influencée par l’Église, il demeure un élément fondamental de Foi bradorienne que les théologiens savent étroitement liée à la Brume: C’est lorsque Brador fut sacrifié à la Brume par les cyclaires de Mévose qu’il vit la Lumière pour la première fois.

Bien que la Brume soit justement perçue comme un danger et une source de corruption par le peuple et le clergé langegardois, elle reste aussi la source de la première révélation du Juste. Certains, particulièrement les croyants et autres lettrés, pourraient voir des signes prophétiques dans la Plainte du Néant.

L’absence de Brumelance à Langegard

L’une des particularités de la région géographique Langegardoise est que contrairement aux autres nations d’Élode, la civilisation locale ne semble pas s’être construite autour de l’un des nombreux et anciens Brumelances éparpillés sur le continent. En effet, il n’y en a aucun dans tout le pays. Ce dernier se targue d’entretenir une infrastructure religieuse si développée à travers l’entièreté de son territoire et de posséder un peuple rural et pieux bien parsemé sur toutes ses terres que cela suffit à éloigner la Brume.

Il est vrai que le pays entier est strié de routes de pèlerinage aux abords desquelles sont plantées des statues de saintes figures, ainsi que des autels et des chapelles de voyage, mais parfois aussi des églises entières. Les communautés locales sont ficelées serrées et souvent installées autour de ces bâtiments et de ces lieux sacrés. Ainsi la vaste majorité de la population langegardoise est bien à l’abri des vents de Brume et de ses créatures qui se font rares sur les terres du Juste.

 

Politique interne —

Nature et origines de la noblesse langegardoise

La noblesse mévosienne, aussi appelée les « Premières Familles », fut instaurée par Sainte-Illya, première impératrice de Mévose, au début de son règne. Brador lui-même, de son vivant, avait remercié les clans convertis qui l’avaient le plus chaudement soutenus durant sa vie, en les nommant les « Premières Familles » du nouvel avènement de l’humanité et qu’ils devraient en être les guides. C’était un honneur qui n’avait pas été pris à la légère par les bradoriens de l’époque, et lorsque l’impératrice Illya décida que ces familles constitueraient à la fois ses premières conseillères et les piliers par lesquels l’empire mévosien serait dirigé, nul ne s’opposa à cette volonté qui semblait s’allier naturellement à la reconnaissance que Brador lui-même avait voulu leur accorder. Une majorité des sièges du sénat mévosien fut d’ailleurs rempli par ces familles.

Bien qu’une vaste majorité de la population mévosienne ait péri à travers l’épaisse Brume qui enveloppa sa nation au moment de la Chute, une portion d’entre elle survécut, faisant son chemin pour se réinstaller à travers Élode. Bon nombre de nobles, bannis de leurs terres natales, furent accueillis à Langegard. On leur offrit certes hospitalité, mais il semblait contre-intuitif à tout bradorien de laisser à leur sort les descendants des Premières Familles. Des postes d’importance furent cédés aux uns, alors que d’autres, déjà en contact avec des éléments politiques langegardois, se hissèrent au haut de hiérarchie par leurs propres moyens. Les mariages, les ententes avec le clergé et le grand sens de l’initiative et de compétition du sang mévosien fit en sorte que le retard en influence qu’accusait la nouvelle noblesse fut rapidement chose du passé. Mieux encore, l’arrivée de cette classe sociale un peu particulière changea la perception de Langegard par rapport à sa propre identité, et bientôt, on s’arrachait le prestige d’une provenance mévosienne daignée plus « pure ». En opposition, un mouvement identitaire vit le jour, se réclamant plutôt de souche langegardoise et ces deux phénomènes sociaux se mirent à coexister et à s’entre-nourrir d’une étrange rivalité.

Il est possible pour un roturier de se faire annoblir à Langegard, mais c’est un privilège rarissime qui doit être vu et accordé par le conseil des cardinaux. Il faut non seulement avoir accompli beaucoup dans l’intérêt de la nation et du culte, mais aussi avoir des gens de qualité bien placés qui sauront intercéder en la faveur du méritant. C’est un évènement qui ne passe jamais inaperçu et qui crée toujours des vagues dans la politique théocratique.

Prestige et hiérarchie sociale

Le prestige est une notion un peu abstraite et changeante à Langegard, et n’est souvent bien comprise que par les gens dont la vie est guidée par sa recherche. Bien que tout le monde en reconnaisse publiquement l’importance, ses règles sont différentes d’une strate sociale à une autre.

Noblesse

Le prestige d’un individu ou d’une famille noble est déterminé par un ensemble de facteurs. Le premier est la proximité des ancêtres mévosiens dans une famille, et le prestige que possédait lui-même cet ancêtre. Si une famille sait réciter sa lignée jusqu’aux noms des éléments des Premières Familles qui ont côtoyé Brador, elle aura un avantage social considérable sur une autre qui ne peut remonter si loin. De plus, on considère une différence importante entre un ancêtre qui fut un fils sans terre, comparativement à une chevalière qui aurait guidé des armées au front.

Le second facteur, aussi important que le premier, est la possession et la responsabilité de terres, qui viennent toujours avec un titre officiel. Écho du désir de Brador que ses plus proches alliés fussent les guides de l’humanité en son absence, il s’agit d’un honneur de s’assurer du bien-être de sa communauté et de son prochain par une guidance et une gestion honorable et vertueuse. La distribution de cette responsabilité est toujours supervisée par l’Église, qui possède officiellement le pays en entier, mais qui dans le respect de la volonté divine, s’assure que la noblesse dirige ses parcelles de terre avec droiture et piété. Le mariage entre deux familles de noblesse terrienne n’annexe pas officiellement leurs terres (car c’est l’Église qui garde la prérogative du découpage des terres) bien que leur gestion puisse soudainement devenir beaucoup plus centralisée. Il arrivera parfois aussi que certains mariages soient arrangés de telle façon à que les enfants nés de l’union aient à la fois la terre d’un de leurs parents, mais le nom plus prestigieux de l’autre. Ces descendants auront un plus grand poids dans la négociation de leurs privilèges que leurs propres parents.

Les différents titres que les nobles terriens portent sont les suivants:

Marquis: Le Marquis est un Comte dont la terre est frontalière avec d’autres nations. Il possède dont un pouvoir et des responsabilités supplémentaires dûes aux exigences militaires et politiques de sa position.

Comte: Sous l’autorité du Cardinal de son pilier, le comte gère le comté dont il est nommé responsable.

Vicomte: Sous l’autorité du comte responsable de la terre sur laquelle son vicomté est placé, le vicomte est le responsable de l’entretien et de la sécurité de lieux importants, souvent sacrés.

Baron: Titre affublé par l’Église à ceux qui ont fait fonder des villes et villages autour d’un projet religieux. Ces communautés deviennent sa responsabilité. Un Baron se rapporte à l’Archevêché de son comté.

Gentilhomme/Gente Dame: Titre honorifique des enfants de la noblesse terrienne.

Le troisième facteur, celui qui, officiellement, revêt le moins d’importance, mais qui en réalité, fait rouler l’entièreté du pays depuis sa fondation, est le mérite par les actions pieuses ou militaires.

La noblesse a souvent des places de choix dans les Saints Ordres, notamment celui de Saint-Brévall, où elle obtient naturellement des postes de commandement. Ceux qui reviennent glorieux de missions ou de combat contre la Brume et d’ennemis de la patrie sont considérés comme plus méritants et deviennent une fierté familiale. À l’opposé, ceux qui reviennent bredouilles sont souvent consignés à des postes discrets où leur déshonneur peut disparaître à l’abri de l’œil pontifical scrutateur.

La piété est prouvée par les actions à Langegard. Le Pardon n’est pas chose discrète, et tout le monde le professe. La noblesse, parce qu’elle en a le temps, les moyens et la vertu, est à l’origine de la presque totalité des projets artistiques et architecturaux sacrés du pays. Chaque projet que l’on puisse rattacher à son nom est un marque de distinction supplémentaire pour soi et sa famille. Les Premières Familles ne manquent donc pas de motivation à faire construire une panoplie de statues à l’effigie de saints personnages, de routes de pèlerinages, de chapelles, d’églises, de cathédrales et autres saints monuments, en plus de fonder de nouveaux villages autour de ces créations.

Le clergé

Le clergé a sa propre hiérarchie, qui détermine clairement et proprement le statut de chacun par rapport à un autre. Le titre et la fonction de chacun est déterminé par le Saint Ordre duquel on fait partie, et chacun d’entre eux a son propre fonctionnement. En temps normal, les membres ordonnés du clergés ne conservent pas leurs noms de famille de naissance, et prennent plutôt un nom de famille de Pilier, en signe de dévotion envers la théocratie. Il arrive toutefois qu’un membre du clergé, surtout à travers la Tradition du Don, reçoive un individu dont le nom de famille mévosien est lourd de gloire, et le conservera, par respect envers la volonté de Brador.

En outre, un membre du clergé verra son avancement plus aisé si ses projets pour la nation se distinguent par leur efficacité et leur piété, faisant ainsi profiter la communauté et la nation de leurs réussites. Il va sans dire que les plus prestigieux signes d’avancement sont le transfert vers un archevêché plus populeux, plus riche et plus pieux.

Les titres de la hiérarchie théocratique vont comme suit:

Le Pontife (Sa Sainteté): Dirigeant suprême de la théocratie, à la tête de l’Église Bradorienne, issu du vote unanime du conseil des cardinaux.

Les Cardinaux (Son Éminence): Dirigeant politique et religieux d’un pilier de la théocratie, qui choisit lui-même son successeur.

Les Vicaires (Son Éminence): Chacun des trois Ordres qui constituent les branches gouvernementales de la théocratie est dirigé par un Vicaire, choisi personnellement par le Pontife lui-même.

Les Archevêques (Son Excellence): Chaque comté est lié à un archevêché, nerf central de coordination locale des efforts des trois Ordres. Le dirigeant de chaque archevêché est, sans grande surprise, un Archevêque.

Les Évêques (Son Excellence): Chaque division de comté a à sa tête un évêque qui se rapporte à son archevêque. Un évêque s’affaire à coordonner les affaires religieuses de la division dont il est responsable.

Les Prêtres (Père/Mère ou Frère/Soeur): Les prêtres et prêtresses sont les représentants de Brador et de sa Lumière au sein de la théocratie. C’est le bassin au sein duquel sont choisis les potentiels éléments pour les plus hauts échelons de la hiérarchie théocratique. On réfère à “Père/Mère” pour les prêtres et prêtresses d’ordres séculiers et à Frère/Soeur pour les membres d’ordres réguliers.

La Roture

Les individus sans titre de noblesse ou sans place dans le clergé perçoivent leur prestige social selon le métier qu’ils exercent, selon le prestige du métier de l’ancêtre duquel ils proviennent, particulièrement si celui-ci était mévosien. Même sans faire partie d’une des Premières Familles, une famille roturière préférera conserver le nom mévosien qu’il hérite de ses parents.

La plus grande part du prestige roturier, toutefois, provient de la participation aux projets religieux de la noblesse. Être celui qui a sculpté la statue de Sainte-Égionde dans l’église du village, ou l’un des maçons d’une chapelle particulièrement réussie est synonyme de vertu et d’inspiration divine. Le prestige éclabousse aussi la famille d’un tel individu, ainsi que sa communauté en entier. Le Pardon ne vient pas qu’à travers le sang et les larmes, mais aussi à travers la sueur qu’une communauté donne à concrètement mettre en oeuvre sa piété.

Géographie

Les hautes instances du Clergé Bradorien dirigent cette région depuis sa division avec l’Ancien Empire, il y a de cela près de 300 ans. Ce Clergé est scindé en divers ordres et instances religieuses qui répondent tous au Pontife Supérieur, dirigeant de la nation, et à son concile d’Archevêques. Ainsi, la région de Langegard se retrouve divisée en sept provinces ou piliers, dirigés par les Archevêques de Brador.  Ces provinces sont divisés en de plus petites parcelles de terres contrôlées par un Comte qui se rapporte directement au cardinal en charge de la région. Chaque grande région peut être séparée de 2 à 6 parcelles de terre. Ces seigneurs sont choisi par leurs actions ou même en cadeau par le clergé. Les campagnes de Langegard fonctionne sur un système féodal séparant les 7 régions en plus petites.

— Rive-Sainte —

À proximité du Lac d’Angecours, Rive-Sainte est l’une des provinces les plus vieilles de la région. Cette dernière représente le centre culturel et artistique de Langegard. On y retrouve un grand nombre de peintures célèbres et d’innombrables sculptures à la gloire de l’ancien empire. Elle est la porte d’ouverture de Langegard sur la Marche Exilée, voisine de la seigneurie de Valorie avec qui elle partage le goût de l’art et du spectacle.

La grande région de Rive-Sainte est présentement séparée en 4 comtés dont le plus reconnu, contrôlé par Archivald De l’Ouard. La famille de L’Ouard s’est fait remettre les plus grande terre de la région après avoir fait la majorité des tableaux et œuvres artistiques décorant la grande Cathédrale de Rocquefer.

— Rocquefer —

Bastion et avant-garde de Langegard au nord-ouest des frontières, Rocquefer est une petite province qui assure en premier lieu une fonction militaire et un pivot défensif indispensable pour la nation. C’est également le lieu où siège l’Ordre des Chevaliers de Brévall, ou de Saint-Brévall, qui occupent une cathédrale fortifiée, considérée à la fois comme monastère et forteresse.

La grande région de Rocquefer, vue sa vocation très militaire est séparé en 3 et chaque de ses localité sont essentiellement des camps de formation en vue de former les Langegardois ainsi que les recrues de l’Ordre de Saint-Bréval. La plus importante est contrôlée par Adéline de l’Aube Inquisitrice décoré à plusieurs reprise de l’ordre de Saint-Bréval. Celle-ci s’occupe essentiellement du comté Nord de la Région, là où on y trouve la Grande Cathédrale de l’Ordre

— Montpieux —

Il s’agit d’un lieu de pèlerinage et c’est la région où l’on retrouve la Sainte Croix, monument célèbre à la grandeur de la foi de Brador. Montpieux accueille un nombre important de pèlerins à chaque année. D’allure majoritairement rural, ce pilier est le moins populeux de tout Langegard. On y retrouve également les magnifiques Jardins Ériziens qui longent la route sur des lieux.

La grande région de Montpieux n’est que très peu populeuse et pour cette raison elle n’est séparée qu’en deux grand comté. Contrôlée par une commune de Pèlerin et de travailleur s’occupant principalement de garder la grande beauté des Jardin Ériziens

— Le Val d’Aprebrise —

Garde-manger de la région, Aprebrise est un regroupement de hameaux agronomes où le sol y est riche et accueillant. On la reconnaît par ses énormes moulins à vent qui agrémentent ce paysage rural. Les récoltes annuelles sont telles qu’elles permettent de nourrir une bonne partie de la population de Langegard.

Le Val D’Âprebrise est l’une des plus importante pour Langegard. Séparé en 6 comté qui se démarque par leurs terres très fertiles et ses grandes cultures en tous genre. Avoir une aussi importante production de produit nécessaire au bon fonctionnement de Langegard demande une énorme charge de gestion. À cette tâche se trouve la famille Evanissien, Famille régente du comté central du Val D’Âprebrise. Leur tâche dans la région est des plus importante, le contrôle et l’expédition des rations nécessaires aux grande région. Le marché de Lorgues est le carrefour des échanges de denrée en tout genre. C’est là que l’on centralise les dépôts de grain. C’est à ce point névralgique que se négocie la distribution des rations à travers les pilliers.

— Égionde —

Province où se retrouve la capitale sainte de Langegarde et résidence du Pontife Percile, une véritable forteresse de splendeur à la grandeur du culte Bradorien. C’est à cet endroit que siègent le Pontife et son Haut-conseil de Cardinaux qui administrent l’État de Langegard. Cette région est divisée en 3 comtés principalement académique et religieux. On reconnait le seigneur Réginald Garmond. Directeur de la plus grande école de la région qui enseigne la médecine ainsi que les messes et rituels curatifs. L’un des lieux d’entraînement et d’importance pour l’ordre de Sainte-Égionde.

— Forgepuit —

Province industrielle de Langegard, exploitant les Gorges d’Idyle depuis des lustres, celle-ci est reconnue pour ses académies et universités diverses. Plusieurs percées scientifiques y ont vu le jour depuis la chute de l’ancien Empire. Les forges de production là-bas y sont réputées pour leurs produits finis de grande qualité.

Pilier de l’artisanat et du savoir-faire de Langegard. Cette région est séparée en 4 comtés, chacun d’eux possède une partie des Gorges d’Idyle. Principaux lieux d’extraction des richesses de la région. Chaque comté reçoit une redevance pour tout ce qui est extrait dans sa parcelle de la mine. L’un des comté est contrôlé par le clergé Bradorien et ses richesse vont directement dans les coffres Bradorien pour financer les 3 Saint-Ordres.

— Mornecourt —

Reconnue dans la région de Langegard pour sa prison, Heaumebrume, et pour sa garnison impressionnante, Mornecourt est le pivot militaire majeur de l’est de Langegard. On retrouve à l’intérieur de celle-ci le siège de l’ordre Oberois.

Cette région est séparé en 6 comté principalement de grande étendue de vigne et de verger réputé qui fournisse Langegard avec son grand vin depuis des décennies ainsi que ses grandes bibliothèques, archives et plus important encore au centre du Siège de l’ordre Oberois se trouve, sous la plus grande protection, les Écrits-Saint

Organisation sociétale

Communautés rurales

Ces petites communautés démontrent les plus grandes vertus d’entraide, dans la mesure où tous les gens qui y cohabitent se connaissent et auront aidé à la construction des habitations les uns des autres, et auront partagé des projets communs (routes, défrichage, construction de puits, mise bas de bêtes de sommes, etc.) maintes et maintes fois. Leur petit nombre fait en sorte que par la force des choses, ils n’auront pas accès immédiat à tous les types d’artisans, mais ces derniers feront souvent des aller-retours entre les communautés  adjacentes. Le niveau de vie privée de ces communautés est presque inexistant, et les liens familiaux des villages d’une même région établissent des vastes arbres généalogiques.

Les hameaux et les villages sont construits autour d’une chapelle ou d’une église, et la communauté tissée serrée autour des représentants religieux de l’endroit. Ils seront consultés pour la prise de décisions importantes, pour la cueillette de la dîme, pour la médiation de problèmes et tous les aspects décisionnels et communautaires de la vie régulière. Il va sans dire qu’ils sont responsables pour les messes ordinaires et l’organisation des fêtes religieuses à travers l’année, en plus de la communication de nature gouvernementale vers d’autres communautés ou vers des paliers plus élevés du clergé.

Les nobles s’y séparent en deux catégories. Les haute et la petite noblesse. Les premiers, Marquis, Comtes et Vicomtes, possèdent d’impressionnantes étendues de terre, souvent par héritage familial, et en font la gestion pieuse par le biais d’autres membres de leur famille et des fidèles bradoriens qui les soutiennent. Puissants, leur parole est lourde de conséquence et ils ont la possibilité d’avoir accès aux plus importantes cours du pays. Les Barons, pour leur part, ont la responsabilité du village qui s’est bâti autour d’un projet religieux qu’ils ont guidé avec succès. Leur pouvoir est plus limité, mais ils sont plus personnellement connus du peuple qui les entoure, et leur titre leur donne le potentiel de se mêler à la cour et de devenir plus important encore. La noblesse locale récolte la dîme, occupant le rôle d’intermédiaire entre la roture et le clergé pour son dû au fisc, négociant les taux selon les besoins et la piété des gens dont ils ont la charge.

La vaste majorité de la population langegardoise est rurale.

Communautés citadines

Bien que la vertu d’entraide bradorienne y soit encore forte, les communautés considérablement plus populeuses de Langegard, comme les capitales de chaque Pilier, souffrent des problèmes inhérents aux grandes cités. Les gens ne s’y connaissent pas aussi personnellement, et sont donc conséquemment moins investis dans la vie de leurs voisins. On y est toutefois généralement plus éduqué, et les académies, ainsi que guildes marchandes, artisanes et manoeuvrières sont tissées très serrées à l’interne, et apprennent à interagir efficacement et pieusement avec leurs homologues dans une même ville. On y vit une vie plus pressée et plus organisée et donc considérée comme plus efficace.

L’Église s’ingère dans toutes les sphères des différentes guildes et organisations des villes, en plus de s’assurer que malgré les grandes distances à parcourir, le service bradorien régulier soit observé par tous les fidèles de Brador à travers une cité depuis ses nombreuses cathédrales, églises ou chapelles. Les plus grands bâtiments de Saint-Ordres sont établis dans les grandes villes et on y trouvera des personnages importants, ainsi que leurs quartiers et leurs assistants.

Plusieurs familles nobles tirent bien leurs épingles du jeu dans les cités. Souvent responsables de la sécurité et des projets d’entretien architecturaux et d’infrastructures urbaines, la noblesse se rassemble en cour d’archevêchés, et se livrent inlassablement à des luttes d’influence sur la responsabilité des districts urbains, des lieux divins et des régions de Langegard. C’est ici que l’information se crée, s’échange et fructifie. C’est là où les plus grands projets sont proposés, et il y est plus aisé pour un noble expérimenté de trouver le soutien de ceux qui cherchent à gravir les échelons de la reconnaissance théocratique. Si ensemble, ils parviennent à prouver leur piété à travers le succès de leur entreprise, leur nom sera reconnu. À l’inverse, la chute de l’échec peut être brutale et interprétée comme un signe de vilénie.

Guildes et académies

Les guildes sont des organisations de gens de même métiers et occupations, rassemblés et hiérarchisés dans le but d’assurer un standard quant à la qualité et aux conditions de travail de ses membres reconnus. Chaque guilde actuellement en place a été créée il y a fort longtemps, et transporte le bagage de longues traditions de savoir-faire et de fierté quant à la qualité du travail fourni. Des membres du clergé sont associés à chaque cellule de chaque guilde, assurant que les travaux qui doivent être divinement supervisés le soient, et assure également un accès aisé aux messes régulières ou de Pardon peu importe à quel point les travailleurs sont occupés ou loin de chez eux. Cela permet également à chaque guilde d’avoir une voix au sein des conseils religieux qui discutent de leurs intérêts. La hiérarchie des guildes a été déterminée par l’Église et est sensiblement la même pour toutes les guildes à travers Langegard. Chaque guilde a un haut conseil, qui rassemble le Maître de guilde de chaque pilier, et elles se déclinent à travers les comtés et les régions du pays. Ses membres tendent à s’identifier à leur cellule régionale.

Des exemples de guildes sont la guilde des forgerons de Fer-de-Lance, la guilde des scribes de la Rivière-d’Or, la guilde des embaumeurs de Mornecourt, la guilde des mineurs du Tronçon-des-Lâches , la guilde des tonneliers de la Vallée-des-Repentirs, la guilde des tailleurs de pierre du Lac-Durandal, et ainsi de suite.

Il en va de même pour les différentes académies à travers le pays. La création de chacune d’entre elles doit être approuvée par les Saints-Ordres, un processus complexe qui implique des explications détaillées ainsi que l’acceptation de rudes régulations et de subséquents examens réguliers. Par leur nature éducative, les académies de tous genres sont toujours hautement surveillées par l’Église et on y retrouve bon nombre  de magistrats-observateurs qui s’assurent de la légitimité non seulement du cursus d’enseignement, mais de tous les processus internes et financiers de l’institution. Chaque institution est une école unique, qui a une localisation précise et qui y mène toutes ses activités.

Quelques exemples d’académies à travers Langegard sont l’Académie des Arts et Lettres de Rive-Sainte, Le Conservatoire du Mystère du Pardon à Bois-du-Lac, la Tour des Voyageurs-Cartographes de Saint-Brévall à Mornecourt, la Société des Philosophes de Saint-Feust à Lorgues, l’Assemblée des Sculpteurs de Talent de Saint-Sévérus à Neufchâtel,  l’Académie de la Haute Jardinerie de Sainte-Érize à Montpieux, ou l’École des Bretteurs de la Sainte-Lumière à Lioncourt. Tout cela sans compter la concentration d’institutions à Bellegarde, le centre névralgique académique de Langegard.

 

— Politique externe —

Il n’est pas surprenant de constater que les Langegardois entretiennent des relations difficiles avec plusieurs des nations d’Élode. En effet, l’attitude parfois hautaine qu’ont les Langegardois face aux autres contrées leur ont valu beaucoup d’opposants dans l’histoire. À ce jour, seule la Marche Exilée est réellement considérée comme une alliée des Piliers à proprement parler. En outre, Langegard a des relations diplomatiques et commerciales relativement bonnes avec Cyriandre malgré leurs différences religieuses.

— Commerce et Artisanat —

— Relations commerciales —

Ne sachant rien faire à moitié, les artisans langegardois ne tarissent pas d’efforts sur leurs créations. Souvent en compétition avec les artisans de Cyriande, ils peuvent néanmoins compter sur l’apport de nombreux missionnaires ayant parcouru le continent qui innovent et rapportent des idées nouvelles. Les joailliers fabriquent des chefs-d’oeuvre, les armuriers forgent de solides armures, les objets de la vie courante sont d’excellente qualité et leur constructions sont impressionnantes. Ils exportent de bonnes quantités d’objets finis à travers le continent en échange d’or et de matières premières ou de ressources exotiques. Leur commerce lucratif assure des coffres pleins pour l’Église et les villes, maintient leur mode de vie agréable et abondant et leur permet de garder une grande force armée en garnison.

— Spécialité et Exportation —

Langegard est réputé pour la qualité et la résistance de ses armes et armures qu’elle produit à l’intérieur des cités de Forgepuit et Mornecourt. En général, ces dernières sont majoritairement utilisées pour équiper leur garnison impressionnante, mais une certaine quantité est également exportée à bon prix à la Marche Exilée pour faciliter les défenses de l’est. Au niveau artisanal, l’échange d’oeuvres d’art et de sculptures est une pratique fréquente entre les nobles Langegardois et les collectionneurs de Cyriandre. Les enchères et encans de toutes sortes sont choses courantes à l’intérieur des deux nations.

— Importation —

Le bois et l’or sont les principales importations faites par les Piliers de Langegard. De ce fait, ils font majoritairement commerce avec Cyriandre pour le bois ainsi que le papier, tandis qu’ils se tournent vers la Marche et les Montagnes d’Argent pour les métaux plus précieux.

 

— Situation géographique —

Langegard est situé à l’intérieur d’une région relativement épargnée par les Vents de Brume du continent. Mis à part quelques incursions sur ses bords frontaliers et maritimes, rares sont les rapports d’attaques d’engeances et autres chimères depuis la fin de l’Année Sombre. Ainsi, Langegard bénéficie d’une certaine quiétude et stabilité.

— Le Lac d’Angecourt —

Il s’agit d’un énorme lac séparant une partie de la Marche Exilée de Langegard. Plusieurs concours de pêche y ont lieu à chaque année. Cependant, on y retrouve certaines zones qui sont balayée par des nappes de Brume en permanence. De ce fait, certains pêcheurs rapportent même avoir vu à plusieurs reprises des formes immenses se déplacer sur les eaux à travers ce brouillard.

— Les Jardins Eriziens —

Il s’agit de magnifiques jardins parsemant les chemins de pèlerinage de Montpieux. Ils s’étendent sur plusieurs lieues, et sont entretenus depuis près de 150 ans par les moines de la Cité. Considérés comme l’une des plus grandes beautés des Piliers de Langegard, ces terrains font la fierté de tout Langegardois qui se respecte.

— Les Étendus d’Âprebrise —

Cette contrée est située au coeur de Langegard, où verdure et moulins à vent occupent la majorité du paysage rural. Il s’agit de terres riches qui réussissent à produire suffisamment de vivres et de nourriture pour alimenter la majeure partie du peuple de Langegard. Plusieurs reconnaissent Âprebrise comme étant le garde-manger principal de la région.

— Les Gorges d’Idyle —

Lieu de minage principal de Langegard, les Gorges d’Idyle sont riches en fer et en cuivre. À l’intérieur des cavités plus profondes, on y retrouve également quelques gisements de gemmes de grande valeur qui se vendent à bon prix chez les joailliers langegardois. Cependant, pour les mineurs de la Cité de Forgepuit, descendre trop profondément dans les mines d’Idyle peut s’avérer une mission très périlleuse vu les immondices qui y rôdent et le risque qu’ils représentent.

 

— Mysticisme —

Contrairement à beaucoup d’autres nations, la position par défaut de la population concernant le mysticisme à Langegard est la méfiance. Le peuple ne nourrit pas le rêve du mysticisme comme étant une source de puissance particulièrement enviable ou pieuse, par sa nature. On dit que le mysticisme est la voie de ceux qui cherchent le pouvoir. Toutefois, on dit aussi que le pouvoir, lorsqu’il n’est pas pieux, corrompt, et que le pouvoir absolu corrompt absolument. Ainsi, par la réputation populaire dont elle est la victime, la voie des arcanes est globalement peu encouragée, la culture langegardoise favorisant la vertu du travail manuel et des entreprises plus manifestement pieuses.

Les écoles de magie

La seule raison pour laquelle elle est malgré tout acceptée est parce qu’elle est hautement régulée à travers le pays. La magie est enseignée comme l’asservissement de la Brume par la volonté d’une personne idéalement la plus pieuse possible, que sa vertu et ses intentions demeurent toujours droites. Chacune des écoles est régulièrement auditée par l’église, et doit passer des certifications rigoureuses qui déterminent à la fois le niveau de soutien financier gouvernemental qu’elle reçoit ainsi que le niveau de surveillance religieuse avec laquelle elle doit composer.

Ainsi, chaque mystique à Langegard peut fièrement dire de quelle école il a obtenu ses crédits mystiques. Chacune des écoles a ses particularités en termes d’exigences d’admission, de culture académique et parfois, de spécialisation mystique.

Une fois à l’intérieur d’une école, l’ambiance concernant le mysticisme change considérablement. La superstition ordinaire est rangée au placard, et est remplacée par une curiosité intellectuelle partagée entre étudiants de l’arcane. En contrepartie, les maîtres imposent une direction limpide concernant l’utilité des pouvoirs mystiques au service de la théocratie. Il s’agit d’une responsabilité et d’un privilège de recevoir cet enseignement, et il doit être constamment mérité par un comportement exemplaire. La discipline y est souvent dure, mais la douleur en vaut la chandelle. Les postes que peuvent occuper les mystiques dans la société impliquent une rare forme de récompense dans la théocratie: du choix. En effet, comme les mystiques peuvent être utiles dans toutes les sphères de la société, il est possible pour les élèves de négocier leurs affectations à travers les doyens de leurs écoles. Il s’agit d’un des premiers motifs à viser l’excellence parmi les apprenants, car ils pourraient être affectés en groupe vers un projet qui les intéresse. Ainsi, il n’est pas rare de voir à Langegard des cercles de mystique qui se connaissent depuis l’académie et qui pratiquent leur art conjointement au gré de leurs affectations. Ces processus, additionnés des valeurs communautaires et d’unité bradorienne, font des mystiques de Langegard des collaborateurs exemplaires dans leurs entreprises arcaniques.

Les magies interdites

Le mysticisme régulier, mal compris et peu répandu, a déjà mauvaise réputation parmi les fidèles langegardois. Certaines autres magies, dont la population ne connaît généralement même pas l’existence, provoquent l’étonnement et imposent le silence même parmi les pratiquants mystiques reconnus.

Par décret, la magie des songes et la magie de sang sont interdites d’accès et de pratique à Langegard. Jugées fondamentalement dangereuses et risquées pour l’âme, leur étude et leur pratique est hautement répréhensible et quiconque oserait défier ces lois attirerait l’œil foudroyant des Saints Ordres.

Conséquemment, les magies interdites n’ont pas d’écoles qui leur soit associées à proprement parler. Dans les corridors des académies, on murmure toutefois qu’il existe de rares pratiquants légitimes de ces arts étranges, mandatés par l’Église elle-même. Recensés et gérés par des branches gouvernementales sous l’égide de l’Ordre d’Oberois, ces individus exceptionnels détiennent des dispenses pontificales, obtenues au terme de rigoureux examens, et dit-on, d’autres exigences brutales qui assurent la piété sans faille de ces mystiques extraordinaires.

Institutions mystiques langegardoises réputées

La Troisième Académie d’Évocation Supérieure de Rive-Sainte

Sur une île du Lac d’Angecourt, face à Bois du Lac, la Troisième Académie passe inaperçue des visiteurs qui ne la cherchent pas consciemment. Isolée du reste de la civilisation langegardoise et visiblement inaccessible, ne s’y rend pas qui veut. On ne voit l’île que si l’on traverse le Bois du Pontife qui longe toute la partie orientale du Lac d’Angecourt, et la série de larges dômes de pierre épaisse qui constituent les ailes de l’Académie n’est visible que depuis la face nord de l’île, de longs rochers pointus comme tombés du ciel se dressant chaotiquement sur le reste de la berge.

Ce choix invraisemblable d’emplacement est pourtant bien volontaire. L’allure de l’île donne froid dans le dos, et les rumeurs de hantise qui la concernent s’harmonisent bien avec la Brume subtile que l’on aperçoit parfois sur les flots tranquilles du lac. Les mystiques de la Troisième Académie, considérant les expériences qu’ils mènent et les flots d’énergie qu’ils manipulent, désirent le faire loin des yeux du peuple curieux et ignorant. L’Académie précédente, qui avait été placée au même endroit, fut détruite par une manipulation arcanique d’une gravité catastrophique. Les pires calomnies purent être évitées spécifiquement parce que l’évènement fut déclenché loin des témoins innocents, qui en d’autres circonstances, auraient pu devenir des victimes. Et l’emplacement actuel fut judicieusement choisi précisément parce que celui de la Première Académie, lui, ne l’avait pas été.

Qu’il s’agisse de remédier à une sécheresse, de veiller à la santé des bradoriens ou de celle de leurs bêtes, de guider des pèlerins le long d’une route forestière par un soir de nouvelle lune, de participer à un projet où la pureté absolue d’un métal est requis pour la forge ou de dégager un éboulis derrière lequel sont séquestrés de braves mais infortunés mineurs, les évocateurs de la Troisième Académie répondent présent. Investis dans une vie de service et de péripéties étourdissantes pour tout langegardois typique, ils sont souvent les héros effacés derrière un sens du devoir indéfectible.

Disciplinés et prêts à tout, les évocateurs de la Troisième Académie se font enseigner l’humilité devant la puissance des forces de la nature qu’ils manipulent. Ils sont entraînés au combat, à la résistance à la douleur et sont investis d’un courage inhabituel. Ils ont une notion limpide de la nécessité du risque pour la réussite de leurs projets, mais comprennent le fardeau de la responsabilité qu’ils portent et plus que quiconque ont à cœur la sécurité de la population qu’ils sont censés protéger de leur pouvoir.

La discrétion des lieux d’apprentissage leur permet de mettre en pratique de façon ouverte la magie qu’ils ont à leur disposition. Les cours magistraux sont souvent donnés dehors, peu importe la température et les conditions météorologiques. La connaissance théorique ne servant qu’à être mise en pratique, les évocateurs mettent à l’épreuve leurs habiletés en dépit des plus rudes circonstances.

Ils sont ainsi un choix évident pour les troupes de l’Ordre de Saint-Brévall, mais s’insinuent partout dans la théocratie parce qu’ils font d’excellents conseillers, qu’ils ont un esprit vif, et que leurs capacités mystiques sont adaptées à une foule de situations dans la vie de tous les jours.

Le Conservatoire des Arts Abjuratifs de Sainte-Égionde

Encore récemment rénovées, les trois tours de marbre blanc du Conservatoire des Arts Abjuratifs se terrent confortablement dans les meilleurs quartiers de la ville d’Égionde, visibles même depuis l’extérieur des remparts de la ville, leur pâleur scintillant dès l’apparition des premiers rayons du soleil à l’aube.

Le vaste territoire emmuré au centre duquel dominent les tours est une série de jardins, de sols couverts de mosaïques colorées, de statues exquises et de fontaines rafraîchissantes, le tout précieusement entretenu par les jardiniers de l’Ordre de Sainte-Égionde. On y est tranquille, et les élèves qui habitent l’endroit, comme leurs maîtres, n’y laissent paraître leur présence que lors de leurs promenades lorsque le temps est beau. La chapelle de l’endroit, bâtie par Saint-Sévérus lui-même, n’a rien à envier aux bâtiments religieux plus fastidieux de la capitale et assure que les besoins spirituels de l’endroit soient adéquatement servis.

Seuls vingt postulants sont acceptés chaque année au Conservatoire des Arts Abjuratifs, et le coût d’entrée qui doit être déboursé en dîme à l’Église pour y avoir accès assure que seules les familles nobles ainsi que des membres du clergé, dont les frais sont acquittés par le coffre des Saints Ordres, y soient admissibles.

Une fois entré, on comprend bien la raison pour laquelle le choix est rigoureux. L’abjuration étant l’art mystique par excellence pour la défense contre la Brume, elle ne peut être enseignée qu’à des gens qui ont la vertu, le courage et la foi de s’en prendre aux immondices sans fléchir.

L’enseignement au Conservatoire est très théorique, et les notions de mysticisme parcourues sont précises, mais maîtrisées. Les formules et les runes sont martelées dans l’esprit des apprenants par de longues sessions répétitives de copies et de cours d’élocution. On assiste à l’usage de sorts et de rituels de la part de maîtres et on est constamment questionné et éprouvé sur ses connaissances alors qu’on ne sait toujours pas lancer un seul sort. Personne ne sort de l’école durant les premières années d’apprentissage: la discipline est sans relâche, et toute tentative de contact avec le monde extérieur pendant les 3 premières années est passible d’exclusion permanente. La philosophie qui y est enseignée est rude et élitiste: les Abjurateurs sont ceux qui comprennent et qui maîtrisent le mieux la magie, et leurs pouvoirs leur permettent d’annuler les effets qui leur sont lancés, ou de retourner les sorts moindres contre leurs propres lanceurs. Contre la Brume, nul ne se compare à un Abjurateur, et ils ont donc la responsabilité de mettre leur vie en péril dans l’intérêt de ceux dont ils ont la charge: les ouailles bradoriennes.

La pratique à l’intérieur de l’école se fait entre élèves, les uns contre les autres, dans une ambiance compétitive. Bien que les blessures soient monnaie courante, les victimes d’accidents sont rapidement remises sur pied et promptement retournées en classe. Dès la quatrième année, les étudiants, désormais libres de sortir, sont immédiatement affiliés à un des Saints Ordres dans le but de parcourir les terres frontalières comme le Vigmark ou la Marche Exilée, où la Brume règne. Au bout de leur cinquième année, s’ils ont survécu, ils graduent, forts d’une expérience dangereuse durant laquelle les principes enseignés se cristallisent, créant des individus fiers, compétents et loyaux.

Il est permis aux élèves, lorsqu’ils ont obtenu leurs crédits de graduation, d’affixer le titre « Des Trois Tours » à leur nom s’ils le désirent. Un certain respect est associé à ce titre à travers la théocratie, et c’est la visibilité publique particulière des élèves de cette école qui est en grande partie responsable à la fois de la réputation intimidante des mystiques à Langegard, mais aussi de leur acceptation, vu leur affiliation à l’Église et à la noblesse.

La Table des Études Mystiques Générales

La Table, dont l’existence prédate pourtant la Chute, n’est une institution d’enseignement que sur ses papiers d’enregistrement gouvernementaux dans la théocratie. Il s’agit d’une tradition de passation de connaissance dont la provenance est généralement attribuée à Mornecourt, mais que les autres établissements tendent à décrédibiliser. Soulignant le manque de “cursus rigoureux” dont ils se targuent de posséder l’apanage, ils tendent aussi un peu facilement à oublier que plusieurs de leurs élèves naturellement talentueux sont introduits au arts mystiques par le biais de l’exceptionnelle habileté de vulgarisation des enseignants de la Table.

On dit que la tradition naquit dans la ville portuaire de Tourelle, où aujourd’hui, à la Place des Beaux Esprits, persistent toujours à se rencontrer les travailleurs et les voyageurs qui veulent venir casser la croûte autour d’un parchemin.

Au croisement des trois quartiers artisans et du Collège des Divines Espérances de Saint-Sévérus, se trouvait, dit-on, un grand espace où on avait rassemblé et arrangé de grandes tables de chêne pour que la communauté puisse socialiser et manger ensemble lors des périodes de repos. Comme on avait été prévoyant et que des bâches avaient été installées au-dessus de l’espace pour protéger les dîneurs de la pluie et du soleil, il ne fallut pas longtemps pour que l’endroit devienne un lieu de rassemblement régulier. Des petits groupes d’intellectuels, durant leurs repas, discutaient régulièrement de mysticisme, de problèmes et de solutions à leurs équations arcanes, ce qui piqua la curiosité d’autres gens moins habiles, mais dont l’esprit qui n’avait pas été moulé par de rigides enseignements académiques trouvaient des suggestions ou des solutions fonctionnelles à des problèmes autrement insolvables.

Le temps passa et l’heure du repas aux tables devint un moment où des gens de différents horizons discutaient mysticisme à divers degrés de compréhension, et où les intéressés, jamais rejetés pour leur manque d’éducation ou d’introduction au sujet, furent éduqués comme tous les autres l’avaient été: à partir de rien.

Le clergé local, qui menait les prières du midi chaque jour, finit par trouver l’engouement autour de cette pratique un peu douteuse, mais avant qu’un quelconque arrêt de ces pratiques ne puisse être ordonné, un groupe organisé parmi les travailleurs avait enclenché et conclut les démarches pour obtenir un permis d’enseignement, à titre d’établissement officiel. Les rencontres n’étaient jamais régulières, variant selon les occupations des membres de la communauté, de la sévérité des intempéries et des obligations communautaires locales. Ce nouveau statut d’établissement officiel attira toutefois la curiosité de mystiques aguerris, ce qui eut pour effet d’accroître les connaissances, l’efficacité et la crédibilité de la Table. Pour chaque mystique qui boudait cette “école de sornettes” un autre trouvait la formule collective comme divinement inspirée par ce que Brador voulait de ses communautés.

Aujourd’hui, bien que la Place des Beaux Esprits soit toujours active, la Table est la tradition d’un groupe autrement éclaté, qui se lève et se rendort dans les villes et les villages du pays au gré de l’affectation de ses adhérents. Souvent le premier contact de mystiques débutants aux arts arcanes, ils rendent l’accès aux grandes écoles plus aisé à des gens qui n’auraient autrement ni eu les moyens ou l’exposition requises pour découvrir leurs talents.

La Tour des Arcanes de la Haute-Bellegarde

Suite à un différend idéologique entre le Doyen du Conservatoire, Vigile Sapperet de Cap-des-Bois, et de Maître Yvain-Samson du Riverain d’Égionde, ce dernier décida de quitter Égionde pour joindre les esprits académiques de la Grande Bibliothèque de la Haute-Bellegarde. Vocal et ambitieux, il fit connaître sa vision plus progressiste du mysticisme et il lui fallut peu de temps pour amasser des élèves intéressés de partout à Langegard. Bellegarde le soutint dans l’édification de son institution, lui cédant l’entièreté de la Grande Tour Ouest du Vieux Château de Bellegarde. Fort d’un bâtiment officiel, du soutien de ses paires et de membres influents du clergé, Maître Yvain-Samson devint officiellement Doyen de la nouvelle Tour des Arcanes de la Haute-Bellegarde, fondée en 22 après la Chute.

Malgré le passage d’un centenaire après cet évènement, la rivalité entre les deux institutions perdure inlassablement. Concours et défis de toutes sortes s’enchaînent, le tout sous l’œil attentif de l’Église qui désire que cette compétitivité demeure profitable à l’État.

Les valeurs de La Tour des Arcanes sont centrées sur la découverte du potentiel individuel de chacun pour le profit de la communauté. Les cours magistraux y sont plus rares, et la relation mentor-élève y est plus répandue. Un mentor n’aura pas qu’un seul élève, mais en aura rarement plus de cinq. Les élèves profitent du passage régulier de fidèles de partout à travers la théocratie qui visitent Bellegarde pour s’enquérir de l’état du monde. De plus, les voyages d’apprentissage à l’extérieur de la cité forte y sont courants. Les mystiques de La Tour des Arcanes sont donc fort informés à propos d’une foule de sujets pratiques, et paient une partie de leur dû à leur école en couchant sur papier les récits de leurs expériences. Voyant quelle fourmilière que constitue la Tour des Arcanes, il n’est pas surprenant de constater que toutes les écoles de magie régulières y sont enseignées sans particulière attention envers une spécialisation précise.

C’est à cette institution que l’on doit notamment le système de parrainage dans les affectations, un principe désormais fermement établi à travers toutes les écoles de mysticisme à travers le pays.

Le Doyen actuel est le petit-fils d’Yvain-Samson, Magloire du Riverain d’Égionde.

Le Cercle des Runistes d’Âprebrise

La plus humble, mais aussi une des plus anciennes institutions mystiques de Langegard, Le Cercle des Runistes est établit dans le village de Sainte-Sérénité, à Âprebrise. De loin, on n’en voit qu’une petite bourgade d’apparence absolument ordinaire: quelques bâtiments de pierre assez hauts flanqués de larges silos à grains et de champs de blé doré. C’est en s’approchant que l’on réalise que tous ces bâtiments sont faits d’une pierre qui prédate largement la Chute, et que les structures du village sont plus anciennes que des quartiers entiers de la ville d’Égionde.

L’endroit est habité d’une douzaine de familles qui entretiennent laborieusement les champs, ainsi que les routes de pèlerinage de la région et tous les monuments qui les ponctuent abondamment. L’école est belle et bien là, mais ses enseignants (et ses élèves) n’y passent pas le plus clair de leur temps: ils ont des tâches manuelles et agricoles dont ils doivent s’acquitter.

Ces gens, qui proviennent de tous les villages avoisinants, se rassemblent donc le soir, à quelques reprises par semaine, pour partager leur travail mystique et s’enseigner les runes ancestrales qui leur ont été passées depuis l’époque des premières runistes de Sainte-Sérénité. Le rythme y est décontracté, amical et ripailleur. La ruralité dans l’attitude des runistes du Cercle se démarque particulièrement lorsqu’ils rencontrent d’autres mystiques, souvent beaucoup plus académiques, citadins et pressés. Les techniques d’enseignement y sont aussi largement différentes: presque rien n’est consigné à l’écrit. La culture orale n’a jamais été perdue, et personne n’est intéressé à faire changer les choses, ce qui résonne d’ailleurs bien avec le principe du runisme lui-même. Du même coup, les fondatrices du Cercle étant toutes femmes, il n’a jamais été jugé nécessaire de faire changer une formule qui avait toujours bien fonctionné. Encore aujourd’hui, les Doyennes du Cercle, toutes au moins octogénaires, dirigent le Cercle d’une main habile, alternant leur devoir mystique avec la broderie ou la confection de pâtisseries délicieuses qu’elles partagent durant les soirées d’études.

Malgré cette étrange attitude que d’autres qualifieraient de laxiste, le Cercle des Runistes est en demande partout, et répond à l’appel. Ses charrettes indestructibles voyagent à travers le pays, transportant matériaux et fermières mystiques engagées pour construire, réparer et renforcer outils, murs, maisons, chapelles et même de plus grandioses projets d’architecture.

— Religion —

Étant la fondation de la société langegardoise, la religion y est omniprésente, autant dans les châteaux que dans les plus modestes masures. On y retrouve dans chaque établissement habité une installation dédiée à la Sainte Brador. Tantôt une pièce de la maison, tantôt un simple autel, tous les habitants aménagent un coin de prière et  de recueil orné de la croix auréolée de Brador. À leur suite, les baillis et mestres des villages et bourgs, qui sont bien souvent des prêtres, ont la responsabilité d’y construire et entretenir des chapelles et des églises. En terme de religion, les Piliers de Langegard sont reconnus pour leur vision expansionniste envers les autres nations des hommes. Ainsi, plusieurs de leurs missionnaires religieux se retrouvent envoyés au quatre coins de la Marche Exilée pour y renforcer le pouvoir de l’Église Bradorienne.

 

— Justice et Criminalité —

Les comportement qui sortent de l’ordinaire sont rapidement remarqués dans un pays où la conformité est si puissamment renforcée. Ainsi, la criminalité est rare, mais toujours sévèrement punie. Ce sont typiquement les nobles qui s’occupent de remarquer ou de se faire rapporter les offenses et qui rapportent les malfaiteurs devant la cour de justice, dont ils font également partie. Dans les plus petites communautés, lorsqu’ils seraient autrement seuls, ils sont accompagnés d’un membre du clergé pour interpréter la loi et déterminer les conséquences d’actes illicites. Dans les plus grandes communautés, la cour de loi est composée d’une combinaison de nobles et de membres du clergé dont c’est la tâche régulière de s’occuper des affaires de la loi locale.

Aucun sévice physique n’est publiquement démontré à Langegard, comme les âmes innocentes doivent être préservées d’un tel spectacle. Un criminel mineur pourrait être exposé au pilori en publique, à se faire lancer des légumes pourris, mais ce serait la limite de l’acceptable pour les autorités. Tout autre criminel qui mériterait punition corporelle le sera en retrait, dans les prisons et les donjons de la théocratie, loin des témoins indiscrets. Il serait ensuite retourné à sa communauté, si son Pardon est jugé sincère et que son crime ne nuira pas à sa réintégration à la communauté. Si tel serait le cas, il est plutôt transféré de communauté pour poursuivre sa vie ailleurs, loin des gens qui seraient désagréablement affectés par son retour.

Les pires cas, lorsqu’il est question d’offenses graves envers les vertus de l’Église et du Pardon, sont référés non pas aux cours de loi, mais à l’Ordre d’Oberois directement. Ces cas préoccupants et dangereux sont, dit-on, offerts à la Lumière de Brador. Bien que l’on ne sache pas exactement de quoi il retourne, on dit que ceux qui ont vu la Lumière reviennent changés, et renient immuablement leur existence vicieuse en faveur d’une vie de droiture.